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    Bio pour préserver notre futur

    Bio pour préserver notre futur

    20/11/2007


    Philippe DESBROSSES à Perpignan : "L'Agriculture Bio pour préserver notre futur".

    La qualité de la nourriture et la qualité de l’eau découlent en premier lieu des soins que nous apportons au sol, aux plantes et aux animaux et de méthodes de production agricole. Les engrais chimiques et les pesticides induisent les mêmes carences chez les plantes et chez ceux qui les consomment. Plus que de politique agricole, c’est de politique alimentaire désormais qu’il faut parler. Tel est l’un des messages que Philippe Desbrosses, pionnier de l’agriculture bio et docteur es sciences de l’environnement était venu délivrer au forum Relais  «Alimentation, Santé et Solidarités »
    Invité par le CIVAM BIO 66, il a aussi rencontré les responsables professionnels de l’agriculture biologique catalane au cours d’une séance de travail le 16 novembre à la Chambre d’ Agriculture .Il s’agissait de mettre en perspective l’évolution des politiques publiques, après le Grenelle de l’Environnement, pour accompagner la nécessaire mutation de l’agriculture face aux urgences environnementales et au réchauffement de la planète
    Le seul scénario crédible à l’horizon 2025 c’est l’agriculture bio qui correspond au plus haut niveau de performance environnementale
    Une réduction significative de l’usage des pesticides sans réduction des volumes de production est possible ainsi que le montre les résultats obtenus dans les pays qui ont fait ce choix, comme au Danemark. Par ailleurs un récent rapport de la FAO montre bien que la Bio peut nourrir la planète
    Encourageant les agriculteurs bio du Roussillon à consolider leurs positions commerciales à l’exportation (plus de 60% du chiffre d’affaires de la production de fruits, légumes et vins bio du département), P. Desbrosses a aussi précisé le concept d’éco - régionalité, autrement dit de souveraineté alimentaire des régions. « Certaines régions ne produisent plus que 8% des produits qu’elles consomment, face aux problèmes énergétiques il est prioritaire de relocaliser les activités de production et de transformation, de multiplier les circuits courts de distribution »
    Un constat partagé par Alain Batlle, président du CIVAM BIO et récemment élu à la présidence de la Fédération Régionale de l’Agriculture Biologique, qui souligne aussi que l’agriculture bio restaure la capacité de rétention en eau des sols et les stabilise, un atout pour affronter les risques de sécheresse comme ceux d’inondation.
    L’amélioration de la biodiversité est aussi devenue un axe majeur du programme d’expérimentation du CIVAMBIO. Ainsi depuis 2006 des nichoirs ont été installés dans un réseau de parcelles de vignes et de vergers, en partenariat avec le GOR (Groupe Ornithologique du Roussillon).Des résultats positifs ont déjà été enregistrés pour la lutte contre les tordeuses du pêcher.
    Pierre Estève, vice président du Conseil Général a pour sa part confirmé son soutien au développement de l’agriculture bio, en fixant un objectif plus ambitieux qu’au niveau national. Puisque la bio locale représente déjà plus de 6% de la surface agricole départementale, soit 3 fois plus que la moyenne française, ’ objectif en pays catalan est d’atteindre 10% de la surface dès 2010 ! Il a par ailleurs insisté sur la nécessité d’organiser une filière locale pour approvisionner régulièrement en bio la restauration scolaire
    Pour tous les participants, un seul mot d’ordre « Bio et local, c’est l’idéal ».Le CIVAMBIO annonçait ainsi la création d’un nouveau site web destiné aux consommateurs, WWW.BIO66.COM, dont l’emblème est la mésange bleue, symbolique de l’intérêt de la biodiversité puisque qu’un couple de mésanges consomme environ 15 kg d’insectes en période de reproduction.